7 rue Saint-Germain - 71400 AUTUN
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Jeudi 7 avril 2016, 7 h 15, nous nous apprêtons à partir, cette fois pas en guerre mais en découverte. A la découverte de notre histoire, une histoire qui nous est commune à tous, où chaque français eut un membre de sa famille qui a participé à ce fait d’arme incroyable.
7 H 30, les bus s’élancent sur la route avec 80 élèves à leur bord, deux classes de 3ème, une classe de 1ST2S avec leurs accompagnateurs respectifs (que l’on remercie).
Cela fait déjà deux heures que nous roulons, deux heures que nous avons quitté Autun, pour
aller voir un des faits les plus sombres de l’Europe, direction Natzweiler où se trouve le camp de concentration de STRUTHOF.
Après cinq heures de route nous arrivons, les regards sont profonds. Une ambiance tendue et pesante règne. Nous sommes là où certains sont morts cela fait à peine 72 ans…

La visite débute par un petit court métrage expliquant en bref l’histoire du camp et ses différentes installations ; cela permet de nous situer et de nous imprégner de l’ambiance particulière qui règne dans ce lieu. L’ouverture du camp eut lieu le 1er mai 1941 au lieu dit « Le Struthof », les nazis ouvrent un camp de concentration, le KL*-Natzweiler.( *KL : abréviation de Konzentrationslager).

« Près de 52 000 personnes d’une trentaine de nationalités différentes ont été déportées au KLNatzweiler ou dans ses camps annexes : les plus nombreux sont les Polonais, suivis des Soviétiques et des Français (dont un quart d’Alsaciens-Mosellans), puis les Belges, les Norvégiens, les Luxembourgeois, mais aussi des Allemands, Grecs, Lituaniens, Néerlandais, Italiens et Slovènes… »
La visite se poursuit par la chambre à gaz, située au dessous du camp. Il faut bien une bonne marche de 10min pour se rendre sur place sur un terrain à fort dénivelé. La chambre à gaz a été créée en 1943, par le commandant du camp, Josef Kramer, à la demande des professeurs de médecine nazis de l’université du Reich à Strasbourg, afin de procéder à des expériences médicales. La chambre à gaz fut aménagée dans une pièce de 9m2 à l’intérieur de l’ancienne salle des fêtes de l’auberge du Struthof, réquisitionnée dès 1941 par les SS pour loger les premiers déportés en provenance du KLSachsenhausen.
Du 14 au 21 août 1943, 86 déportés juifs provenant du camp d’Auschwitz y sont gazés ; leurs corps devaient servir à établir une collection de squelettes pour le professeur August Hirt, directeur de l’Institut d’anatomie de l’université du Reich à Strasbourg. Nous retournons au camp, où nous découvrons l’horreur qui s’est déroulée sur ce lieu.
Un grand monument en mémoire de ces moments terribles domine le Struthof, un homme est représenté à l’intérieur surplombant les croix de prisonniers à cause des conditions et sévices atroces qu’ils subissaient. Puis sous le cimetière, séparés par des barbelés, se trouvent les vestiges du camp de travail, où certains baraquements, miradors, fondations sont encore visibles ainsi qu’un petit wagon rappelant les raisons de la création de cet endroit.
Par temps de brouillard, propice à d'éventuelles évasions, les commandos de travail ne sortaient pas. Les déportés NN –Nacht und Nebel (déportés « Nuit et Brouillard » c'est-à-dire voués à disparaître) et les punis restaient immobiles, en colonnes par cinq à proximité de la porte d’entrée, parfois pendant des heures. Le travail était forcé, réparti et surveillé par des détenus appelés Kapos et par des matraqueurs choisis parmi les détenus de droit commun qui s’étaient distingués par leur brutalité. Chaque commando de travail était placé sous l’ordre d’un SS, presque toujours accompagné d’un chien dressé à mordre au commandement, et qui exerçait de près ou de loin, une surveillance constante. Dès que les SS estimaient qu’un déporté ne fournissait plus suffisamment de travail, ils le privaient de soupe. Mais il fallait quand même qu’il aille au travail, quel que fut son état physique. Les malades et les blessés eux-mêmes devaient s’y rendre, portés au besoin par leurs camarades sinon la potence n’était pas loin.
 
Les détenus travaillaient tous les jours. Les journées commençaient toutes par les appels qui pouvaient se prolonger durant des heures. Les déportés se tenaient debout par rang de taille, en hiver dans la neige, en été sous la pluie, l’orage ou un soleil brûlant. Cela avait lieu devant la potence. L’appel terminé, les déportés devaient se rendre sur les platesformes 1 et 2 pour la formation des commandos de travail puis ils étaient emmenés vers les différents lieux de travail forcé :
- soit dans la carrière de granit ;
- soit à l’atelier de réparation de moteurs d’avions ;
- soit dans la carrière de sable située 1500 mètres plus haut ;
- soit à la construction des routes
- ou encore au Kartoffel-Keller (silo à pommes de terre) situé à 100 m de l’entrée du camp
Un four crématoire a été construit au mois d’octobre 1943 selon le témoignage de Aimé Spitz qui a participé à sa construction en qualité de manoeuvre. « Dans le four crématoire, on brûlait six cadavres à la fois. Tous les matins au crématoire, on nous remplissait dix-sept brouettes de cendres et de scories que nous avons déversées sur le talus formant actuellement la plate-forme de l'entrée du camp. »
Nous quittons les lieux le souffle coupé et nous sommes heureux de nous retrouver entre nous au lieu d’hébergement, afin d’échanger sur nos impressions lors du dîner.
Le lendemain nous nous sommes rendus sur les lieux de la Bataille de Verdun. Verdun petite ville de 18 000 habitants a un grand passé historique. C’est là où l’envahisseur allemand fut arrêté par les forces alliées. La bataille dura plus de 9 mois, 3 semaines et 6 jours. Des jours d’enfer où il fallut se battre dans la boue, les morts, les obus avec parfois leurs gaz pour combattre l’ennemi. Un autre combat fit cependant son apparition lors de la bataille, le combat contre la faim, la peur, les rats…. Les cadavres des soldats morts pour leur patrie envahissaient le champ de bataille (plus de 700 000 morts pour cette bataille). Les poilus (soldats français) vivaient comme des rats au milieu des rats !
 
Cet enfer fut conçu par le Général Erich Von Falkenhayn, commandant en chef de l’armée allemande, comme une bataille d’attrition, pour « saigner à blanc l’armée française », sous un déluge d’obus, dans un rapport de perte de un pour deux, elle se révèle en fait presque aussi couteuse pour l’attaquant. Le sort de la bataille dans les premiers mois fut incertain pour les alliés, les allemands avançaient vite, et la barbarie de cette bataille va s’installer tout doucement. Les garnisons françaises sont placées à Verdun dès 1914. Ce front calme va pourtant devenir l'une des plus effroyable bataille. Peu de temps avant l'assaut allemand, les belligérant creusent des tranchées, des boyaux de communication …cependant la rudesse de l’hiver impacte fortement le moral et l'état d'esprit des soldats du front.
Nous avons eu la chance de visiter le Fort de Douaumont, attaqué le 25 février 1916. Nous avons pu entendre la résonnance d’une plaque métallique à travers les différentes galeries et découvrir les conditions de vie, l’humidité qui règne dans ce fort ; ces éléments nous ont impressionnés. Les allemands attaquèrent en direction du Fort de Douaumont dans le but de porter leurs lignes à 600 mètres du fort. Etonnés par le calme régnant dans la région du fort et poussant en avant, ils réussirent à descendre dans le fossé et à rentrer dans les galeries. Les 57 soldats qui occupaient le fort (pour la plupart de la territoriale), furent prisonniers. La perte du fort, important point d’appui, observatoire et abri de premier ordre entraînait pour la défense des conséquences matérielles et morales considérables. Les allemands organisent tout de suite la défense du fort de Douaumont. Dans la soirée du 25 février, hommes et troupes de cinq compagnies différentes occupent le fort. Il devient le pivot de la défense allemande sur la rive droite de la Meuse.
Puis nous avons visité le village de Fleury-devant-Douaumont. Avant la première Guerre Mondiale, ce village comptait 422 habitants. Le 21 février 1916, le village est réveillé par les tirs d’artillerie préparatoires à l’assaut allemand. L’ordre est donné d’évacuer le village, sous la neige. Peu de temps après le fort de Douaumont tombe aux mains allemandes ainsi que le fort de Vaux. La ligne de front passe par Fleury qui devient une position clé et permet aux allemands de percer en direction de Verdun.

En 1918, le village est déclaré « mort pour la France ». C’est un des neufs villages détruits lors de la bataille de Verdun. Le relief tourmenté du sol de la commune témoigne encore de l’énorme quantité d’obus reçus. Une atmosphère particulière règne dans ce lieu.
Notre visite se poursuit par la Citadelle de Verdun. La Citadelle souterraine, ou citadelle basse est creusée à la fin du XIXème siècle et cumule 7 km de galeries à la fin de la Première Guerre mondiale. Elle sert à la fois de refuge, de poste de commandement et de base de ravitaillement. Le 10 novembre 1920, elle accueille la cérémonie de désignation du Soldat inconnu qui repose sous l’Arc de Triomphe à Paris. Cette reconstitution de la vie des soldats avec les hologrammes et les mannequins de cire nous a permis de nous imaginer de manière plus réelle quelle pouvait être la vie d’un soldat durant la bataille de Verdun.
 
Pour terminer notre Devoir de Mémoire nous nous sommes rendus à l’Ossuaire de Douaumont. Au lendemain de la signature de l’armistice, l’évêque de Verdun Mgr Charles Ginisty va se rentre à Verdun et va parcourir le champ de Bataille qui est recouvert de corps sans vie. Avec le soutien du Gal Valantin gouverneur de la Place de Verdun et de la Princesse de Polignac (veuve de guerre), il décide d’édifier un ossuaire pour donner une sépulture décente à ces soldats, qu’ils soient français ou allemands. Cela permet aux familles de venir se recueillir «….nombre de corps et de noms… » .
Ce fut un beau voyage de mémoire, et nous remercions tous ceux qui nous ont permis de faire ce voyage, l’Institution Saint Lazare-Saint Sacrement, l’Association des Anciens de Saint Lazare, l’Association des Parents d’élèves et le Conseil Régional Bourgogne-Franche Comté, et bien sûr l’ensemble de l’équipe de nos accompagnateurs.

Reportage effectué par Louis Tartier, élève de 1ère Commerce, mai 2016.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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